Absurdité

Un jour j’ai appris cette blague qui est devenue classique en Allemagne:

Deux vielles dames discutent entre elles sur un trottoir et tout à coup l’une d’elle en voyant dans la rue un enfant qui passe sur un surfboard à toute vitesse poursuivi par un chien enragé , elle dit immédiatement à sa voisine:

« tu as vu le chien qui poursuivait le garçon sur un surfboard? »

Et la voisine répondit:

« par exemple! je ne savais pas qu’un chien puisse faire du surfboard! »

Ainsi on remarque immédiatement la confusion, car l’une des deux dames a omise la raison de son exclamation, c’est-à-dire que le chien était enragé si bien que la scène se déroulait dans la rue malgré le danger entre les voitures par exemple, tandis que l’autre dame distraite a dû conclure qu’il devait y avoir là un événement particulier pour amener son interlocutrice à interrompre sa conversation.

En psychologie cognitive, Bransford, Barclay et Franks (1972), pour étudier ce genre de situation, avaient présenté à leurs sujets une série de phrases décrivant des relations spatiales entre différents objets:

– Trois tortues se reposaient sur un tronc flottant, et un poisson nageait en dessous d’elles.

– Trois tortues se reposaient sur un tronc flottant, et un poisson nageait en dessous de lui.

– Trois tortues se reposaient à côté d’un tronc flottant, et un poisson nageait en dessous d’elles.

– Trois tortues se reposaient à côté d’un tronc flottant, et un poisson nageait en dessous de lui.

Ils ont observé que les confusions sont importantes entre la première et seconde phrase qui ne diffèrent que par l’argument « en dessous » d’une proposition qui lui correspond.

Ce serait en fait des connaissances et croyances organisées et stockées en mémoire à long terme dans notre cerveau pour former notre mémoire sémantique que composent les idées et conceptions que nous avons à propos des objets, qui nous entourent, pour construire nos interprétations et induire des inférences afin de donner un sens aux évènements que nous rencontrons.

En effet les représentations que nous avons de notre environnement font que nous avons tendance à utiliser le même mot pour désigner une classe d’objet et à leur prêter, à tort ou à raison, les mêmes propriétés.

Cela constitue un modèle de situation (Van Dijk et Walter Kintsch 1983) où les représentations propositionnelles constituent une composante à part entière de la représentation pour que les sujets soient amenés à utiliser lors de la reconnaissance une représentation imagée de la scène décrite par les phrases.

Ce modèle de situation, dont la construction dépend du but du sujet lors de la lecture, est une représentation hybride comportant à la fois des informations imagées et des informations propositionnelles qui conservent des relations spatiales (essentielles dans la fixation du cadre de la scène), causales ou temporelles entre les objets, avec une particularisation des informations du texte (inférence optionnelle dans sa cohérence), contrairement aux macrostructures qui ne sont que des représentations générales, c’est-à-dire un ensemble de macropropositions qui résument le texte et en donnent la structure.

Au passage, contrairement à la grammaire, en psychologie linguistique une proposition élémentaire comprend un argument et un prédicat pour former une structure prédicative, la notion de prédicat (verbes, adjectifs, adverbes, liaisons de phrases) désignant dans cette proposition une partie qui exprime les idées que l’on a sur un sujet qui est dès lors un argument (noms, phrases nominales, phrases partielles).

Par ailleurs dans l’étude de la compréhension des consignes, l’énoncé « Fais un wagon en dessinant un rectangle et deux rond en dessous » est plus facile à comprendre que « Dessine un rectangle et deux ronds en dessous pour faire un wagon » (Dixon, 1987).

Néanmoins cela devient problématique lorsque l’imperfection grammatique d’une langue prête à confusion comme p.ex. en français:

« L’enfant dit a son père qu’il a retrouvé sa montre… »

S’agit-il de la montre de l’enfant ou du père?

Une telle erreur de compréhension s’évite dans d’autres langues comme le russe ou l’allemand voire le suédois:

a) il s’agit de la montre de l’enfant:

das Kind sagt seinem Vater, daß es seine Uhr wieder gefunden habe.

barnet säger till sin far, att han igen har hittat sin klocka.

ребенок говорит его отцу, что это снова нашло своего часы.

b) a) il s’agit de la montre du père:

das Kind sagt seinem Vater, daß es dessen Uhr wieder gefunden habe.

barnet säger till sin far att han igen har hittat hans klocka.

ребенок говорит его отцу, что это снова нашло его часы.

Par contre il serait certes plus facile à deviner le sens mais sans confirmation par manque de précision:

a) « L’enfant dit a son père qu’il a retrouvé son jouet… »

b) « L’enfant dit a son père qu’il a retrouvé son parapluie… »

De plus il arrive, par souci d’économie dans notre mémoire de travail ou par paresse dans la recherche de récupération dans notre mémoire à long terme, que nous venions à mal interpréter les déclarations d’un interlocuteur, ce qui conduit inévitablement à des conflits et par là même à des médiations au moyen de la diplomatie, qui souvent n’est rien d’autre que de faire croire à son interlocuteur ce qu’on n’a en réalité pas voulu dire tout en préservant ses vraies pensées ou intentions.

Cela se rapproche en fait d’une analogie, dans lequel il arrive, comme ce fut le cas de mon petit cousin autrefois, qu’un enfant souffle sur une ampoule électrique en croyant qu’elle s’éteindra comme la bougie lorsque cela correspond à recourir pour une situation cible qui est inconnue à une information venant d’une autre source qui est connue et similaire.

Par contre le raisonnement par l’absurde est aussi une forme de raisonnement valide qui consiste à contredire une proposition erronée. Ainsi en admettant à priori que la terre serait plate, il suffira à Popeye, qui vient de bouffer quelques épinards, de recevoir une balle sur la nuque après l’avoir lancée en avant pour conclure que la terre est ronde.

Il serait intéressant pour la psychologie d’étudier ce genre de personnes qui en posant des questions idiotes ne peuvent espérer que recevoir des réponses idiotes qui sont en effet d’ores et déjà sans équivoques.

Ainsi un supérieur qui en me voyant en train de faire des photocopies au bureau me demande ce que je fais, je lui répondrais bien-sûr que je fais des photocopies. Une secrétaire dira de même qu’elle est en train de taper une lettre à la machine à écrire et ne va pas engager une discussion pour préciser ce qu’elle écrit et à qui la lettre est adressée, à moins que son chef le lui demande explicitement.

Excepté les malentendants qui sont certes excusables dans des problèmes de communication, on connaît cette situation classique d’un film d’action comique, dans lequel un policier pris dans une fusillade demande à son collègue qui est un robot de le couvrir. Or celui-ci va ouvrir le coffre de la voiture pour prendre une couverture et le lui mettre sur le dos… En outre étant moi-même malentendant, ce qui me permet de faire parfois la vedette, j’avais failli un jour aller chercher une chaise, lorsque mon chef me demandait d’emmener une chaîne, un instrument de mesure en topographie, qu’il avait oubliée au moment de s’embarquer dans une voiture de service. Mais au dernier moment j’avais pu faire heureusement une association en me posant naturellement la question, pourquoi une chaise pour aller sur le terrain, certainement pas pour s’asseoir à regarder les autres travailler… mais à l’armée lorsque l’adjudant montre du doigt au soldat le fil barbelé à couper sur le front avec une grosse cisaille, en lui hurlant: « coupe moi ca sur le champ! », il risquerait fort bien de se faire couper l’index s’il avait en face un idiot qui aurait moins de neurones que lui…

Moralité: il se pourrait fort bien, que l’arbre soit l’ancêtre de l’homme, en sachant que l’homme descende du singe selon Charles Darwin et comme le singe descend de l’arbre, il suffisait d’y penser en effet en voyant ou en entendant toutes ces absurdités…

Übersetzung

Eines Tages habe ich diesen Witz erfahren, der in Deutschland klassisch geworden ist:

Zwei ältere Damen unterhalten sich auf einem Bürgersteig und plötzlich als eine unter ihnen sah, wie ein Kind auf einem Surfboard auf der Straße von einem verärgerten Hund in aller Eile verfolgt wurde, sagt sie sofort ihrer Nachbarin:

„Hast Du den Hund gesehen, der den Jungen auf einem Surfboard verfolgte?“

Und die Nachbarin antwortete:

„So etwas! Ich wußte nicht, daß ein Hund auf’m Surfboard fahren kann!“

Man bemerkt gleich die Verwirrung, weil eine der zwei Damen den Grund ihres Ausrufs versäumt hat, nämlich daß der Hund so verärgert oder amusiert war, daß sich die Szene auf der Straße zum Beispiel trotz der Gefahr zwischen den Autos abwickelte, während die andere abgelenkte Dame folgern mußte, daß es da ein besonderes Ereignis gäbe, um ihre Gesprächspartnerin dazu zu bringen, ihr Gespräch zu unterbrechen.

In der kognitiven Psychologie, hatten Bransford, Barclay und Franks (1972), um solch eine Situation zu studieren, den Probanden eine Reihe der Sätze vorgestellt, die Raumbeziehungen zwischen verschiedenen Gegenständen beschrieben:

– Drei Schildkröten erholten sich auf einen schwimmenden Stamm und ein Fisch schwamm unter ihnen.

– Drei Schildkröten erholten sich auf einen schwimmenden Stamm und ein Fisch schwamm unter ihm.

– Drei Schildkröten erholten sich neben einem schwimmenden Stamm und ein Fisch schwamm unter ihnen.

– Drei Schildkröten erholten sich neben einem schwimmenden Stamm und ein Fisch schwamm unter ihm.

Sie haben beobachtet, daß die Verwirrungen zwischen dem ersten und zweiten Satz wichtig sind, die nur vom Argument „darunter“ von einer Proposition abweichen, die ihm entspricht.

Über Martial

Ich befaße mich mit Pädologie, d.h. übergreifend mit Psychologie, Pädagogik und Pädiatrie bzw. Medizin, und darüber hinaus mit Kindern, die ich betreue, aber u. a. auch mit Elektronik. Ich bin arbeitsuchend.
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2 Antworten auf Absurdité

  1. China sagt:

    I’m not easily impressed but you’ve done it with that potsnig.

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